Urgence de combler le fossé

« Le CRTC doit s’assurer de ralentir la fracture qui se crée entre les services offerts en milieu urbain et ceux en région. » Marielle Fecteau.

En compagnie du député de Mégantic-L’Érable, M Luc Berthold, Mme Fecteau est revenue sur sa participation à des audiences du CRTC, le 15 avril dernier, sur l’internet large bande. M Berthold précisait: « Ce n’est pas souvent que le CRTC ouvre ses portes aux citoyens pour avoir un son de cloche et j’avais bien l’intention d’en profiter. J’ai donc contacté les élus des trois MRC qui composent le comté pour les inviter à parler un petit deux minutes lors de ces audiences à Ottawa. Il faut vous dire que nous étions très bien préparés, si bien que de dix minutes, nous avons passé une heure à répondre aux questions des commissaires qui étaient plus pertinentes les unes que les autres. Les services internet sont à deux vitesses, celle des grandes villes et les autres. ON a beau nous dire que le pays est couvert par internet et la téléphonie cellulaire à 96% mais ce pourcentage se trouve en très grande majorité dans les grands centres. Qu’est-ce qu’on fait avec les régions rurales? On donne le strict minimum par satellite ou micro-ondes. Les grandes compagnies ne sont pas intéressées par les régions à cause surtout des investissements nécessaires. Il nous faut donc trouver une solution viable qui satisfera toutes les parties. »

Ce n’est pas d’hier qu’on parle de la couverture internet et cellulaire dans la région. Mme Fecteau poursuivait: « Il y a dans tout cela une question de sécurité. Après la tragédie qu’on a vécue, on s’est aperçu que c’est important quand on se retrouve comme nous sans moyens de communication efficaces. Sans les technologies de communications comme internet large bande et le téléphone cellulaire, l’entrepreneuriat en région rurale piétine. Vous pouvez attirer des investisseurs, des promoteurs mais quand ils se rendent compte que l’internet est d’une lenteur désespérante et que la couverture cellulaire est quasi-absente, ce sont autant d’opportunités que nous perdons d’avoir une économie vigoureuse. » Pour une, la municipalité de Lac Drolet a déposé une pétition à Bell Mobilité demandant une couverture cellulaire sur l’ensemble de la municipalité. Depuis le 8 mars, 2 200 citoyens y ont apposé leur signature. Plusieurs démarches avaient été faites au fil des ans et il semblerait que cette couverture soit envisageable mais à la condition que le milieu investisse entre 320 000$ et 375 000$, ce qui est inéquitable aux yeux des citoyens. M Berthold terminait sur ce chapitre: « Alors, nous voyons bien ici les obstacles auxquels se heurtent les communautés rurales, de là l’urgence pour le CRTC de passer à l’action et élaborer un plan qui donnera internet à large bande et la téléphonie cellulaire à des conditions raisonnables pour toutes les parties. »

Pour leur part, les compagnies de téléphone rurales indépendantes également connue sous le nom de « Petites entreprises de Service local titulaire » du Québec, de l’Ontario et de Colombie-Britannique se sont aussi jointe activement à cette démarche du CRTC sous la bannière du Regroupement canadien des compagnie de téléphone indépendantes du Joint Task Force. Ces compagnies opèrent en milieu rural et dans de petites municipalités, loin des grands centres. Lorsque Bell Canada a été questionné sur un service égal aux grandes villes dans les zones rurales, la réponse a été qu’internet à large bande dans ces territoires pourrait être intéressant pour d’autres fournisseurs. Le JTF a argumenté que le service internet à large bande est un service de base dont tous les Canadiens ont besoin. Comme première étape, ils croient que l’industrie et le CRTC doivent travailler à l’obtention d’une vitesse minimale de chargement de 10Mbits/s avec un téléversement de 3Mbits/s au lieu de la norme de 56Kbits/s qu’on semble vouloir imposer. Membre du JTF,  l’Association des compagnies de téléphone du Québec est un organisme à but non lucratif qui regroupe 9 compagnies indépendantes qui desservent plus de 50 000 clients majoritairement dans des secteurs ruraux du Québec.