Un stop & go

Le député de Granby, ministre des Transports et responsable de la région Estrie dans le gouvernement Legault, a fait une visite-éclair à Lac-Mégantic le 23 mai dernier à l’invitation de la Chambre de Commerce de la Région de Mégantic. Il a accepté de nombreuses questions du public.

Le premier item sur la liste aura été la voie de contournement ferroviaire qui, selon lui, revêt une importance toute particulière: « Nous finançons ce projet à hauteur de 40%, on voudrait que les choses aillent plus vite mais on est à la remorque du fédéral. Par contre, dans la luette aux gaz à effets de serre, un réseau ferroviaire adéquat est une nécessité dans le but de réduire le nombre de camions sur les routes. C’est un grand défi pour les 10, 15 et même 20 prochaines années. On parle de la possibilité de ramener le transport passagers entre Montréal et Sherbrooke et ce sera certainement l’une des choses qui seront discutées lors d’un méga-sommet sur le ferroviaire cet automne qui va réunir des gens de l’industrie et des élus. » Si on veut que le public s’approprie le train comme moyen de transport, il faut, selon lui, trois éléments-clé: la durée, le coût et le confort. Si le train prend trop de temps, représente un déboursé supplémentaire mais, en donnant du confort, le client pourrait se tourner vers d’autres options. C’est un travail à long terme pour les convaincre. La maire de Lac-Mégantic devait ajouter à ce propos que le développement du ferroviaire ne doit pas se faire au détriment de la sécurité de la population. Elle a appelé M Bonnardel à considérer sérieusement le triage dans le parc industriel plutôt qu’au haut d’une côte.

La préfet de la MRC du Granit, Mme Marielle Fecteau, pour sa part, aimerait bien que le fédéral, le provincial et le CRTC finissent par se mettre sur la même longueur d’ondes quand on parle de desservir les régions avec internet haute vitesse. M Bonnardel était parfaitement d’accord avec elle: « Quand vous dites qu’entre Sherbrooke et Montréal, vous avez des zones qui ne sont pas couvertes par le cellulaire, c’est totalement inacceptable. Si nous voulons que des entreprises investissent en région, l’un des outils les plus primordiaux pour elles est l’internet haute vitesse. Au cours des quatre prochaines années, nous pensons être en mesure d’offrir un réseau potable. Nous sommes conscients de l’importance de ce dossier qui représente l’un des grands défis de la modernisation. »

Comme ministre des Transports, M Bonnardel a naturellement eu à répondre à certaines questions sur les routes. En réponse à une question de Mme Fecteau, il avouait que présentement, il y avait trois fois les demandes pour les sommes disponibles. Il y a 15 milliards qui seront injectés sur les routes dans les dix prochaines années. Mais, reste toujours une problématique pour les petites municipalités qui ont des ressources limitées. Un citoyen de Ste-Cécile donnait en exemple la portion du Rang 10 qui se trouve dans cette municipalité. Selon lui, le trafic ayant considérablement augmenté sur ce tronçon de route entre Lac-Mégantic et Lac-Drolet, il doute qu’on ait fini de payer l’emprunt actuel avant d’être obligé de reprendre le travail. M Bonnardel a pris bonne note du sujet et avoué que souvent, les petites municipalités ne disposent pas des ressources nécessaires pour préparer des projets en bonne et due forme. Il faudra trouver une façon d’accélérer les choses.

Finalement, face au manque de main-d’œuvre en région, il terminait: « Le défi que nous nous sommes donnés est de ramener 5 000 emplois gouvernementaux en région et du personnel qualifié. Il va nous falloir reconsidérer certaines règles comme la reconnaissance des diplômes étrangers. Des personnes trouvent, sur internet, des emplois en région au Québec, mais lorsqu’elles arrivent, leurs diplômes ne sont pas reconnus et il faut le temps qu’il faut. Avec un visa de six mois, vous voyez le dilemme. Si on considère qu’en 2030, il y aura deux travailleurs pour un retraité, nous devons former nos jeunes adéquatement, réduire drastiquement le taux de décrochage et aussi permettre aux travailleurs immigrants de pourvoir intégrer le marché au plus vite. Nous allons surtout travailler à leur offrir des emplois à très court terme en région. »