Un projet issu de « Réinventer la Ville »

L’Institut en culture de sécurité industrielle Mégantic pourrait être opérationnel dès 2017.

C’est du moins le vœu que formulait le président de cet OSBL, M Béland Audet: « C’est un projet qui mijote depuis 2 ans et demi. Les deux principaux objectifs de formation ciblés seront de standardiser la formation en sécurité au niveau du transport ferroviaire et de former les premiers répondants ainsi que les gestionnaires, leaders et acteurs stratégiques publics ou privés au sein  de communauté canadiennes ayant des points communs avec Lac-Mégantic. Nous voulons faire de notre ville le Davos de la sécurité, cette ville suisse qui reçoit régulièrement les grands de ce monde pour parler d’économie. Nous avons recueilli des appuis fermes de l’Université de Sherbrooke qui entend monter une chaire en sécurité, du Cégep Beauce-Appalaches et de la Commission scolaire des Hauts-Cantons. Sachant que 50 petites compagnies de chemin de fer au Canada et plus de 500 aux États-Unis ne sont pas en mesure de donner une formation adéquate en sécurité à leurs employés, nous voyons dans l’Institut un potentiel énorme. De plus, il n’y a pas de formation de ce type dans tout l’Est de l’Amérique du Nord qui pourtant regroupe 40% de la population totale. Nous voulons faire de cet Institut une référence incontournable et nous travaillons à tisser d’autres partenariats. Aujourd’hui, nous vous annonçons que nous mettons sur pied une étude de faisabilité qui va nous rapprocher encore plus de la réalisation du projet. » Le choix s’est fait parmi trois firmes spécialisées et M Audet entend bien voir les conclusions déposées en octobre et commencer à rendre l’Institut opérationnel en 2017.

Porte-parole des partenaires du secteur de l’éducation, M Yves Gilbert, président de la Commission scolaire des Hauts-Cantons, reçoit cette nouvelle avec enthousiasme: « Quand on passe à une étude de faisabilité, c’est que le projet est déjà avancé. Dans les grandes orientations proposées à la Ville, il y avait un Centre du Savoir. En mai 2015, M Audet et l’ex-préfet de la MRC, Maurice Bernier, sont venus nous solliciter pour la création de ce Centre. L’étude de faisabilité nous permettra de préciser les besoins et par la suite, nous développerons une formation continue menant à l’obtention de crédits. »

Le maire de Lac-Mégantic, M Jean-Guy Cloutier, s’est dit très heureux de cette annonce: « Cette étude de faisabilité fait écho aux efforts de relance entrepris jusqu’ici. Vous avez l’appui de la Ville dans toutes les étapes du projet. Cette tragédie nous a donné une expertise unique que nous  nous devons de transmettre. Ce projet est porteur pour Lac-Mégantic. »

Le député fédéral de Mégantic-L’Érable, M Luc Berthold, déclarait que ne pouvait pas ne pas adhérer à ce projet: « Ce qui est visé, c’est un centre national de formation. Quand le Comité permanent des transports, de l’infrastructure et des collectivités du Canda est venu à Lac-Mégantic, l’une de ses recommandations à Transports Canada était de monter un centre de formation à Lac-Mégantic pour les premiers répondants. Vous avez mon appui inconditionnel. Que de la tragédie naisse quelque chose de durable qui fera la fierté de la région. »

Lui-même ingénieur spécialisé en transport de matières dangereuse, le député de Mégantic, M Ghislain Bolduc, est certain que l’Institut répond à un besoin: « Les évènements ont fait apparaître un besoin et le milieu vient d’y répondre. Il est évident pour moi que ce projet aura des retombées importantes sur l’économie de la région dans plusieurs secteurs d’activités. Il nous donnera également un avantage concurrentiel vis-à-vis d’éventuelles investisseurs. Ce projet, il est emballant et j’y vois une foule d’opportunités. »

Mme Marielle Fecteau, préfet de la MRC du Granit, terminait: « La MRC est heureuse de participer à ce projet qui positionnera notre région comme une référence en matière de sécurité ferroviaire. 1 200 communautés urbaines à travers le pays sont traversées par des chemins de fer. Nous osons croire que l’Institut aura une réputation pancanadienne et attirera aussi des gens des Étas-Unis. C’est le début d’un beau projet régional avec des partenaires de l’Estrie. »

Finalement, M Audet a déclaré qu’une annonce sera faite sous peu quant au financement de l’étude et du projet comme tel. Selon lui, avec la disponibilité de locaux actuelle, il n’est pas interdit de croire que les formations débuteraient dès 2017, le temps qu’on bâtisse un institut dans le nouveau centre-ville.