Température peu clémente le samedi mais idéale le dimanche

Philippe Tremblay et Mireille Rodrigue se sont offert des records du parcours pour mettre la main sur les titres masculin et féminin de la troisième édition du TRIATHLON SPRINT présenté par Tafisa dans le cadre du CANADA MAN/WOMAN 2019 le 6 juillet dernier.

Tremblay, 26 ans, de Montréal, a été couronné pour une deuxième année de suite sur la plage du Complexe Baie-des-Sables de Lac-Mégantic. Il a abaissé sa marque établie en 2018 de près de 2min30s, pour conclure l’épreuve en un temps digne d’un numéro gagnant à la loterie. Le numéro 1 de 2019 a arrêté le chrono à 01:11:01.

Rodrigue, 32 ans, de Sainte-Catherine-de-Hatley, a également surpassé de deux minutes le temps enregistré en 2018 par Elizabeth Pellerin. À sa première participation au TRIATHLON SPRINT, la championne 2019 a traversé l’arche d’arrivée après 01:25:22 d’efforts. Son temps lui a valu le 18e rang au classement général. « Ça a bien été: des bonnes conditions, un beau parcours bien équilibré, avec un peu de sentiers, un peu de route, à l’image d’Endurance Aventure!, racontait Rodrigue. Je n’avais pas d’attente. Je reviens d’un congé de maternité, je m’entraîne quand je peux. Mais c’est la beauté du triathlon: pouvoir varier les sports! »

Pour sa part, Tremblay a été le premier à sortir du lac, en 00:09:03. Il s’est installé en tête à ce moment et n’a jamais regardé derrière pour remporter sa deuxième couronne méganticoise. « C’était un peu plus dur en vélo que l’an dernier, avouait-il. Je n’avais pas autant de jambes. Le parcours de course à pied a été changé, donc je ne sais pas à quel point mon temps est meilleur, mais oui, c’est bon! »

Paul Lavoie, 26 ans, de Granby (01:12:21), et Benjamin St-Pierre, 16 ans, de Notre-Dame-du-Bon-Conseil (01:12:29) ont complété le podium masculin. Lavoie en était à une première expérience à Lac-Mégantic et St-Pierre avait terminé 2ième en 2018 (01:18:30).

Fait à noter, Antoine Michaud a été le plus rapide parmi la trentaine de représentants de la région hôtesse inscrits, avec une performance de 01:17:09 qui lui a valu le cinquième rang au classement général. Le Méganticois de 20 ans espère que son résultat inspire d’autres athlètes à adopter le triathlon comme mode de vie. « Nous avons tellement une belle région pour le triathlon, s’enthousiasmait-t-il. C’est toujours agréable de s’entraîner avec des gens de Lac-Mégantic aussi. Nous étions plusieurs sur le circuit aujourd’hui! »

Chez les femmes, Matisse Vaillancourt, 18 ans, de Plessisville (01:29:25) et Melanie Mantha, 36 ans, de Terrebonne (01:30:42), ont terminé respectivement deuxième et troisième.

Au SPRINT à relais, les meilleurs temps ont été enregistrés par TRIVIC (01:15:15) chez les hommes, PRATTE’S TEAM BEST FANS (01:49:52) chez les femmes et LES BANANA SPLIT (01:29:07) dans la catégorie mixte.

Les quelque 400 participants individuels et par équipe ont dû affronter des conditions variées, comprenant soleil, chaleur, humidité et quelques gouttelettes de pluie. La température de l’eau s’élevait à 21,5 degrés Celsius au départ et le mercure affichait 23, avec un ressenti frôlant les 30 degrés Celsius.

Le départ a été donné peu après 8h samedi matin pour la portion nage de 750 mètres dans le lac Mégantic à partir de la plage. Les participants ont par la suite parcouru 20 km à vélo sur une section du TRIATHLON EXTRÊME CANADA MAN/WOMAN en direction de Piopolis, où ils ont été confrontés à plusieurs montées. L’épreuve a pris fin avec un tout nouveau parcours de 5 km de course à pied qui se terminait dans le lac.

La troisième édition du TRIATHLON EXTRÊME CANADA MAN/WOMAN a donné droit à des luttes serrées jusqu’au fil d’arrivée, le lendemain. Ce sont finalement le Sherbrookois Jérôme Bresson et la Britannique Caroline Livesey qui ont été les premiers à atteindre l’Observatoire en milieu d’après-midi, après avoir traversé le parcours sous des conditions météorologiques idéales.

Bresson, troisième après les 180 km de vélo, a comblé par la suite un retard de près de 20 minutes qui le séparait de la tête pour obtenir son deuxième sacre masculin au sommet du mont Mégantic. Le champion de 36 ans a complété le périple de 225 km amorcé à 4h30, en 11h13min7s, un temps un peu plus lent que son record de parcours de 10:59:37 s établi en 2018. Il a terminé moins d’une minute devant Sylvain Lafrance, 2e en 11:14:00.

Chez les femmes, Caroline Livesey, 40 ans, a réussi à détrôner de justesse la double championne en titre Lyne Bessette. Livesey a mené l’épreuve de bout en bout jusqu’à l’entrée du parc du Mont-Mégantic, avec ce qui semblait être une avance confortable de près de 25 minutes. Mais cette avance a fondu au fur et à mesure que les coureuses s’approchaient du soleil. La force de Bessette en course en sentier lui a permis de talonner la Britannique dans la dernière ligne droite. La poussée finale a été toutefois trop peu, trop tard, et Livesey a devancé Bessette par 10 secondes sous l’arche d’arrivée. Résultat: 12:10:33 pour Livesey et 12:10:43 pour Bessette, les septième et huitième temps au classement général.

Tout comme en 2018, Joannie Desroches a complété le podium féminin (13:25:50, vingt-septième au classement général). La Montréalaise de 32 ans a amélioré son temps de près d’une heure comparativement à l’édition précédente.

L’Albertain Jordan Bryden, meneur au terme des 180 km de vélo, a connu quelques ennuis dans le parcours de course à pied et a été forcé de ralentir la cadence, ouvrant la voie à Bresson et à Lafrance. À sa première présence sur le parcours méganticois, Bryden, 32 ans, est finalement arrivé au sommet moins de 10 minutes après les deux premiers, en 11:21:08.

« Les conditions du lac étaient parfaites et je suis vraiment content avec la façon dont j’ai roulé aujourd’hui, a expliqué Bryden. Mais j’ai ressenti une faiblesse à une cheville. Ça arrive en sentier. Je ne veux pas trouver d’excuses, mais ça a assurément affecté le reste de la portion technique de ma course. »

Si Bresson a réussi à conserver son titre, cela n’a pas été sans difficulté. Incommodé par une bronchite, il a paru surpris de voir son chrono de 0:59:41 à la sortie du lac, une amélioration de plus de deux minutes sur son temps de 2018. Au tiers du parcours de vélo, il avait réussi à passer du onzième au troisième rang près de la route du Morne à Lac-Drolet.

« Mais après 140 km de vélo, j’étais cuit, avouait celui qui en était à sa troisième présence à Lac-Mégantic. La dernière montée a été l’enfer. Quand je me suis assis dans la transition, j’étais vidé et fatigué. Mes jambes ne suivaient pas au début de la course. Je me suis arrêté, j’ai marché et je me suis posé la question: « Là, on fait quoi? » Mon objectif n’était pas de gagner, mais j’étais quand même bien placé et c’est difficile de ne pas penser à garder sa position et se battre. »

Lafrance, 43 ans, de Victoriaville, a également profité des difficultés de Jordan Bryden pour progresser au classement. « Je ne pensais jamais être capable de réaliser ce temps, racontait-il, lui qui a retranché 40 minutes à son chrono de 2018. Il faut dire que j’ai vraiment poussé fort pour essayer de rattraper Jérôme. Il manquait encore quelques secondes. Ce sera peut-être pour la prochaine fois! »

Livesey en était à un premier départ sur le XTRI WORLD TOUR. Et c’est le Canada qu’elle a choisi comme terrain de jeu pour se lancer dans ce circuit. « C’était incroyable, mais tellement difficile, relatait d’entrée de jeu la triathlonienne professionnelle de 40 ans, qui a commencé la course en sentier il y a seulement quatre mois. Je n’avais jamais fait de triathlon extrême comme celui-ci avant. La difficulté n’est pas tant de rester concentrée, mais physiquement, ouf! Le parcours de vélo avec les montées, particulièrement la dernière jusqu’à la zone de transition 2. Je ne peux pas croire à quel point c’était dur! » Livesey a terminé devant son mari Mark, 46 ans, douzième au classement général en 12:24:46 (dixième temps masculin).

De son côté, Lyne Bessette a presque réussi son pari. À son chant du cygne, l’athlète olympique de 43 ans de Sutton espérait remporter une troisième victoire en trois présences à Lac-Mégantic. « J’aurais aimé ça! Je voulais faire un tour du chapeau! Mais au fond, c’est presque ça. Elle a annoncé, après avoir franchi l’arche d’arrivée, que le CANADA MAN/WOMAN 2019 était son dernier. « Si j’avais gagné, je l’aurais peut-être refait, explique-t-elle avec un sourire. Mais non, je pense que c’était mon dernier. »

En plus d’avoir été le premier à atteindre le sommet, Jérôme Bresson peut désormais être qualifié de machine humaine. Huit jours avant le Canada Man/Woman, l’athlète estrien avait pris part au Championnat canadien d’ultratrail à Québec, où il avait franchi les 110 km de l’épreuve en 12:60:06, bon pour le sixième rang au classement. Bresson s’envolera dans les prochaines semaines pour la Norvège, où il participera le 3 août au Norseman pour une deuxième année, en espérant des conditions météorologiques plus clémentes que celles de 2018. « Le Norseman est très réputé en raison des conditions, ajoutait le champion du Canada Man/Woman. Oui, le parcours est difficile, mais quand la météo est abordable, il devient plus accessible. Je dirais même que comparativement à celui du Canada Man/Woman, il est un peu plus facile sur certains points, notamment le parcours de vélo qui se termine par une descente de 30 km, alors qu’ici, on finit avec la côte magnétique. » La victoire de Bresson à l’épreuve canadienne le propulsera également au CHAMPIONNAT DU MONDE XTRI 2020 qui se tiendra lors du mythique Norseman.

L’édition 2019 du CANADA MAN/WOMAN aura été la première à voir une femme de la région de Lac-Mégantic atteindre les étoiles. Maïté Galipeau Théberge, 27 ans, de Piopolis, a réalisé le quatrième chrono féminin avec un temps de 13:44:56, trente-quatrième au classement général.

D’autres résultats locaux:

  • Félix Guèvremont, 30 ans, Piopolis, 12:37:16, quatorzièmeau classement général, douzième au classement masculin.
  • Anne-Josée Orichefsky, 37 ans, Cumberland (Ontario), native de Lac-Mégantic, 19:48:08, soixante-sixième au classement général, dixième au classement féminin.
  • Eve Rodrigue, 25 ans, Lac-Mégantic, 19:02:28, cent-trente-unième au classement général, vingt-cinquième au classement féminin.

 

Quelques chiffres:

  • 3,8km de nage dans le lac Mégantic, 180km de vélo avec dénivelé positif de 2 500 m, 42km de course avec dénivelé positif de 1 500 m jusqu’au sommet du Mont-Mégantic;
  • Nombre d’athlètes en 2019: 180;
  • Nombre d’athlètes à leur deuxième ou troisième participation au CANADA MAN/WOMAN: près de 50;
  • Température de l’eau au départ: 20 degrés Celsius;
  • Température extérieure au départ: 11 degrés Celsius;
  • Nombre d’heures d’ensoleillement: du lever au coucher du soleil.

( Source: Diane Léger ) ( Photo: Steve Ashworth (@steveashworthmedia) du champion Jérôme Bresson )