Répéter un mensonge.

Plus on le répète, plus les gens vont y croire.

C’est de notoriété publique que si vous y allez à répétition, on finira bien par faire ce que vous voulez. C’est ce que Donald Trump a fait en déclarant les élections américaines truquées avant même qu’elles se tiennent. Pendant des mois, il a dit qu’on lui en voulait et qu’une sombre machination lui ferait perdre ses élections. Arrive le 3 novembre, il est battu par une large marge. Non! Il est impossible qu’il ait perdu, il a gagné avec une large marge. Arrive le 8 décembre, date limite pour certifier les résultats. Tous les états, sans exception, républicains comme démocrates, ont certifié le résultat et déclaré qu’il n’y avait eu aucune fraude. Le 14 décembre, on fait la certification des grands électeurs et arrive le 6 janvier alors que le Sénat et le Congrès doivent entériner ces résultats, normalement une cérémonie très protocolaire.

Mais attention, Donald Trump est à l’extérieur et galvanise ses troupes venues l’entendre. Un mélange de Proud Boys, de suprémacistes blancs et de trumpistes enragés prend alors d’assaut le Capitole avec les résultats que vous connaissez. À ce jour, une centaine de ces manifestants devront répondre de leurs actes devant la Justice.

On en est arrivé là, devant la stupeur générale, parce qu’un gros égoïste dont l’égo est sans commune mesure déclare depuis des mois que les élections américaines sont truquées et à son désavantage. Il a perdu toutes les causes qu’il a menées devant les tribunaux, tous les médias sérieux ont démontré avec de nombreuses entrevues de politiciens des deux côtés que c’était une lubie, et pourtant… encore aujourd’hui, le 15 janvier, il y a encore des gens qui croient que les élections ont été truquées. C’est la preuve que la répétition d’un mensonge éhonté peut faire des petits.

On prévoit des manifestations à Washington dimanche. Normalement, on devrait, ce jour-là, faire la grande répétition de l’inauguration. On a décidé de la reporter d’un jour (lundi) suite aux appels du FBI et des services secrets à l’effet qu’il circule beaucoup de messages menaçants sur les plateformes du Dark Web. On va même aller jusqu’à renforcer la sécurité autour des Capitoles des 50 états. C’est la manière forte que préconise Trump qui fait des appels au calme du bout des lèvres mais s’en retourne ensuite dans son bureau en fulminant et en criant à qui veut l’entendre qu’on lui a volé ses élections.

Cependant, il n’est pas sorti du bois. Il entend quitter la Maison-Blanche dans l’avant-midi du 20 janvier, histoire de faire un bon show! Mais il sait très bien ce qui l’attend: un procès en destitution, l’État de New York qui l’attend avec deux causes sur ses finances et d’éventuels problèmes financiers parce qu’il doit plusieurs centaine de millions de dollars à bien  du monde. Et, c’est sans compter les grosses corporations, dont sa banque, qui larguent le Parti Républicain.

Déjà ce matin, plusieurs historiens avouaient que l’Histoire retiendra de Trump qu’il aura été le pire président des États-Unis. Et, dimanche, attachez votre tuque avec de la broche, ça pourrait brasser.