« Réinventer la ville… »

Ce simulacre de consultation publique n’a pas donné grand-chose.

Nous sommes plus de 7 ans et demi plus tard et de quoi a l’air ce centre-ville dont certaines personnes rêvaient? Si vous vous rappelez bien, les principales demandes des citoyens, à l’époque, étaient de garder les édifices non contaminés, sauvegarder le parc des Vétérans et nous redonner notre centre-ville dans les meilleurs délais. Aussi, à l’époque, faisait rage le débat entourant la voie de contournement ferroviaire.

Où en sommes-nous? Pas bien loin. Malgré la volonté populaire, avec des arguments qui n’ont convaincu personne, le centre-ville a été détruit. Combien d’entre nous ont pleuré ce qui a été notre enfance, notre adolescence, notre vie d’adultes. Mais, les sentiments ne faisaient pas partie des volontés de certaines personnes. On a construit un « centre-ville temporaire » qui est devenu finalement permanent. Au lieu de faire comme tout le monde et regrouper le commerce dans une autre section de la ville en créant un centre-ville vivant et grouillant d’activités, on a plutôt choisi un centre-ville morcelé entre deux quartiers avec une voie ferrée qui passe au milieu. Comment concilier la rue Frontenac et la rue Papineau avec une section de Salaberry? Un centre-ville éclaté n’est vraiment pas une bonne idée. Le consommateur n’aime pas se promener d’un bout à l’autre de la ville. On s’est habitué, pour certains, mais d’autres ont modifié leurs habitudes en conséquence.

Le quartier Fatima a certes souffert de cette vision d’un centre-ville éclaté. Qui a payé? Le commerce de proximité. Le tissu social du quartier a été aussi une victime de l’obligation imposée à certaines organisations de s’installer là où la Ville voulait les voir. Il faut maintenant vivre avec mais comme tissu commercial, mettons que la densité n’y est pas.

Quant à la rue Frontenac et ses alentours, on a une bâtisse à moitié vide qui abrite Services Canada, les bureaux de la MRC, l’Hôtel de Vile, un institut de beauté et spa, une clinique d’optométrie et un salon de coiffure. Voilà pour le commerce et services. On a bâti le Concerto, du logement social qui abrite aussi une aire de jeux et une garderie. On a bâti des édifices à logement sur Milette et Frontenac et les appartements se sont loués très vite. On a trois maisons d’un style assez distinct mais dans les plans, il me semble qu’il devait y en avoir plus. Il y a toujours l’édifice du Bell ( pourquoi les Chevaliers et l’Eau-Berge étaient contaminés mais pas cette bâtisse?) et bientôt, la construction de loyers haut de gamme donnant vue sur le parc. C’est tout, au bout de sept ans.

Et je vais vous passer sous silence des projets comme le Colibri qui est mort de sa belle mort et un projet touristique dans le parc qui a soulevé un tollé de protestations.

Aujourd’hui, la voie ferrée est toujours là et la voie de contournement ferroviaire qui devrait être en voie de construction, n’a même pas encore franchi l’étape des expropriations. Et croyez-moi, ce n’est pas demain la veille qu’on va faire la première pelletée de terre. Et, il restera toujours que les résidents de Frontenac et Nantes voient ce projet comme un bon débarras de Lac-Mégantic qui envoie son problème chez le voisin.

Sur ce, où en est-on avec « Réinventer la Ville », selon vous?