Performer ou bénévoler?

La question peut maintenant sérieusement se poser, on aura pas de St-Jean!

Du fait que la St-Jean ne sera pas célébrée à Lac-Mégantic cette année dû aux finances ( c’est quand même une excuse fréquente ) et du manque de bénévoles ( c’est partout pareil ), a amené une réflexion sur le bénévolat et ses avantages dans une société où on ne pense que performance.

Depuis quelques décennies, il faut être performant. On doit toujours être le meilleur au bureau, sur la route, sur la glace, dans le gymnase ou dans l’atelier. Cette recherche de la performance nous fait trop souvent oublier que nous gaspillons peut-être certains talents au profit d’une fixation.

Dans les belles années du bénévolat, je recule de plusieurs décennies, il y avait plein d’organismes bénévoles dans toutes sortes de sphères d’activités de notre société méganticoise. On était bénévole pour faire du théâtre, jouer de la musique, faire partie d’organisations religieuses, faire du syndicalisme et quoi d’autre encore. Il y avait des gens qui se levaient pour prendre la direction. Faut bien qu’il y a des dirigeants dans ces organisations. Et, à l’époque, on ne restait pas toujours assis sur sa chaise en laissant passer la main en disant « Je peux pas faire çà! », « Je n’ai pas le temps! » ou « C’est pas dans mes compétences ». Justement parce que notre société ne pardonne pas, il faut être performant, sans quoi on se fait ramasser sur les réseaux sociaux si on a le malheur de faire une coche mal taillée.

Si je me prends comme exemple, j’ai, comme bien d’autres, été obligé de performer. Mais, j’ai aussi eu la chance extraordinaire de travailler avec des gens qui se disaient qu’on apprend rien si on ne fait pas d’erreurs. Et des coches mal taillées, j’en ai faites en masse et je me faisais dire de m’en rappeler pour ne pas recommencer. J’ai même eu ces personnes en autorité qui nous disaient que de la corde, on en avait tant qu’on voulait jusqu’à ce que quelqu’un mette le pied dessus.

Avec l’âge, on oublie l’aspect performance. Oh, on garde des objectifs dans la vie, c’est important. Mais au lieu de performer, on s’aperçoit qu’à un certain moment donné, on a appris et c’est dans le bénévolat que j’ai eu beaucoup de bonnes leçons. Rarement, je suis resté assis sur ma chaise quand on faisait appel à mes compétences. Parce que justement, dans le bénévolat, on peut améliorer ses compétences et en acquérir. C’est l’art de diriger un groupe de personnes, faire confiance dans leurs compétences et les mettre au service de l’organisation. C’est la meilleure façon de motiver quelqu’un. Et, vous avez des exemples patents sous les yeux comme le CAB, la bibliothèque, la Maison de la Cinquième Saison, mais il faudra bien un jour que se pointe une relève qui tarde.

On aura pas de St-Jean cette année. Bon, on pourra toujours aller chez les voisins en leur disant merci d’avoir des gens, chez eux, qui donnent sans compter des heures pour le mieux-être de leur communauté.