On ne tient pas compte du facteur humain.

Ce commentaire, il est revenu à quelques reprises quand on parlait de la future voie de contournement.

Vous allez m’excuser, mais il aurait fallu parler du facteur humain dès le début. Vous devez sans doute vous rappeler qu’au départ, on a réclamé à cors et à cris de sortir le train du centre-ville. Très vite, ce dossier est devenu politique et comme dans tous les dossiers politiques, on avance avec des œillères. Les politiciens ont donné mandat aux fonctionnaires de construire une voie de contournement au meilleur prix possible. Quand un fonctionnaire a un mandat, il se tient à son mandat, POINT! Donc, l’élément humain n’a pas été pris en compte quand est venu le temps de déterminer quel serait le meilleur tracé. Et, permettez-moi de douter, comme bien d’autres, que les alternatives proposées ont été étudiées sérieusement.

Donc, on arrive avec un tracé, celui qu’on veut et on ne tient aucunement compte des aspects sécurité et humain.

Pour la sécurité, je suis parfaitement d’accord avec M Robert Bellefleur, c’est quoi l’idée d’enlever le triage dans la côte à Nantes pour l’envoyer dans la côte à Frontenac. Elle est où la logique. N’importe qui peut comprendre que le facteur numéro un de cette tragédie est le fait qu’un train a été laissé sans surveillance sur un faux-plat avec les conséquences que nous connaissons. Mais, le mandat donné aux fonctionnaires disait de construire une voie de contournement. Arrive le ministre Garneau qui, sûrement dû à un éclair de génie, vient nous parler de la possibilité d’une cour de triage dans le parc industriel, idée d’ailleurs appuyé à 100% par les élus des parties impliquées. Mais, le hic, c’est que ce triage devra être subordonné aux « besoins opérationnels » de la compagnie de chemin de fer qui sera elle-même chargée d’étudier cette possibilité. Il n’y a pas une apparence de conflit d’intérêt ici? N’oubliez pas que le temps, c’est de l’argent. Le train serait obligé de ralentir dans le parc industriel au lieu de passer à toute vitesse et aborder deux courbes à 5 degrés à la vitesse la plus élevée possible. Juste pour vous dire, la courbe du déraillement était à 4 degrés. Alors, comme je vous l’écrivais, ces gens-là ont un mandat et n’en sortent pas.

Pour le côté humain, on aurait dû en parler dès le début. Il aurait fallu que le facteur humain soit présent au dossier à chaque étape au lieu de faire l’objet d’une étudie du ministère de l’Environnement qui sera incluse dans le rapport qui sera remis au ministre pour faire une proposition au conseil des ministres. Je serais extrêmement surpris de voir des changements d’attitude de la part des gouvernements par rapport au facteur humain. Vous aurez l’occasion de poser vos questions et de faire part de vos états d’âme sur ce sujet lors des audiences du BAPE.

En gros, mon « feeling »? À les regarder aller, c’est ce tracé qui n’a ni queue ni tête qui sera approuvé par le gouvernement du Québec, avec, naturellement l’aval du fédéral. C’est un gros oui pour ce tracé, mais il y a peut-être un petit non si vous êtes assez convaincants devant le BAPE. Fourbissez vos armes!