On a connu les résultats mais on ne sait pas encore où on va aller…

La Ville de Lac-Mégantic et Votepour.ca ont dévoilé les résultats de la consultation du printemps dernier.

Et il y a de la matière qui pose un certain intérêt. Ces résultats sont le fruit des réponses de 450 personnes à un sondage en ligne et imprimé ( qui a d’ailleurs suscité une certaine contreverse ) et la tenue de 6 ateliers qui ont réuni 180 personnes.

On a tout d’abord décliné les forces et les faiblesses, comme c’est l’habitude dans ce genre d’exercice. On peut noter que la population veut participer à la reconstruction, que le lac est une préoccupation majeure quant à sa préservation et qu’on devrait avoir une plus grande équité entre les municipalités environnantes, pour ce nommer que ces quelques éléments.

Là où j’ai accroché et j’en  suis heureux, c’est que lors d’entrevues menées à bâtons rompus avec des gens de la rue, on a constaté que les personnes qui vivent à Lac-Mégantic depuis trois ans ou plus se disent bien intégrées. C’est un argument de poids dans la prospection pour une nouvelle main-d’œuvre.

On note un essoufflement des bénévoles depuis la catastrophe. C’est tout à fait normal. Prenons comme exemple les Chevaliers de Colomb qui ont été quelque peu malmenés. Les dirigeants de l’organisme ont souvent pointé du doigt le manque de relève dans leurs prises de décisions. Dans les clubs de services, c’est aussi le recrutement qui fait problématique. On a besoin de relève, êtes-vous prêts?

J’ai été surpris de commentaires à propos du logement dont on disait qu’on en manquait abordables et de qualité. Faudra vérifier plus avant.

Une chose a fait l’unanimité (pratiquement), il y a une forte préoccupation de la fiscalité municipale versus la qualité des services offerts. Les gens demandent à ce que leur fardeau fiscal ne dépasse pas le seuil actuel mais, du même souffle, demandent que l’on maintienne la qualité des services. Une jonglerie de plus lors de l’étude du prochain budget municipal.

Là où je me suis étouffé avec mon verre d’eau, c’est quand on a parlé de commerces et services. Ayant fait partie, vous le savez, de Rues Principales pendant plusieurs années, c’est un sujet qui me parle beaucoup. Donc, en gros, les gens semblent satisfaits de l’offre actuelle en déplorant le manque de marques. Je crois sous-entendre qu’on voudrait avoir plus de chaînes nationales ( c’est loin d’être évident de les attirer ). On a aussi déploré l’état de la Place Papineau qu’on juge froide d’apparence. La rendre plus vivante est tout de même, commercialement parlant, un méchant défi. Le fait qu’il n’y ait pas de logements à proximité est sans doute l’une des raisons de ce manque d’animation. Et ne venez pas me dire que le CSM comble ce besoin. C’est peut-être vrai quand il est plein de monde lors d’évènements majeurs, mais pour le reste…

Les deux bras me sont tombé quand j’ai entendu que Commerces Lac-Mégantic allait revoir sa mission en demandant l’assistance de… Rues Principales. On veut élaborer une vision de développement à l’intérieur de ce mandat qui devrait rassembler des données commerciales, une table de réflexion et l’analyse de données menant à des actions. En d’autres mots, Commerces Lac-Mégantic veut revoir sa mission, entendre sa place sur l’échiquier. Le problème, c’est que c’est à Xième fois qu’on procède à cet exercice. Commerces Lac-Mégantic, et c’est une opinion personnelle, aurait dû être proactif depuis bien longtemps. Oui, on va avoir un hôtel et une clinique d’optométrie agrémentés de trois résidences, cinq blocs appartements et deux commerces mais, pour le reste, qu’est-ce qu’on va mettre au centre-ville qui ne viendra pas en compétition directe avec la Place Papineau. La première question à vous poser est celle-là. Quant aux analyses des besoins de la clientèle, de leurs habitudes et des montants qu’ils dépensent en fuites commerciales, je ne crois pas, toujours personnellement, qu’on verra une grand différence par rapport aux études précédentes datant de 5 ou 8 ans.

Donc, il nous reste à voir ce que fera le conseil municipal de ces données. Je n’ai qu’un souhait, que nous ne nous retrouvions pas devant un « Réinventer la Ville 2.0 » alors que des décisions étaient déjà prise et que la consultation n’était qu’une façade pour se donner bonne conscience.