Monsieur le ministre de l’Éducation…

Bien des mots, mais peu d’actions!

Stéphane Proulx, notre ministre, a une bonne bouille et contrairement à ses prédécesseurs, il a l’intention de faire quelque chose de concret pour améliorer le système québécois d’éducation et lutter contre notre endémique décrochage scolaire. Il nous a présenté un superbe plan d’action pour qu’en 2030, nous soyons plus performants. 2030, c’est dans 13 ans et je doute qu’il soit encore ministre de l’Éducation.

En écoutant son « plan d’action », je me suis remémoré des paroles de mon père, de regrettée mémoire, quand il parlait de la Loi de l’impôt: « Le texte de la Loi, je n’en ai pas besoin, ce que je veux, ce sont les règlements! » En d’autres mots, laissez faire la théorie, amenez-moi du concret et ce n’est pas ce que fait le ministre.

On peut commencer par parler du saupoudrage d’argent des dernières semaines dans le système qui ne pourra, tout au plus, que corriger une infime partie de la catastrophe des coupures sauvages des libéraux en éducation.

Ce n’est pas en présentant en héros scolaire un Ricardo Larrivée qu’on va inciter un garçon de 15 ans à poursuivre ses études. C’est là une bonne partie du problème. On ne demande pas à ceux qui sont au front ce dont ils ont besoin, on leur impose des « vedettes » sensées régler les problèmes.

Et par-dessus tout cela, dans son plan, le ministre repart faire des consultations, « réunir des intervenants », faire des tables de concertation et que sais-je encore. Alors, pour au moins 19 mois, minimum, on ne fera rien de concret, on va discuter d’options, les mettre sur la table, faire un rapport qui va ramasser de la poussière et se dire qu’on a fait notre travail. NON! Voulez-vous arrêter de consulter et de tabler? Des solutions, sur le terrain, des gens qui vivent au quotidien l’éducation, ils en ont. Certains sont même allés jusqu’à les mettre en pratique sans passer par les immobiles fonctionnaires du ministère.

M le Ministre, lâchez les « vedettes » et le blabla. Allez vous asseoir avec les gens du terrain, seul à seul, pas de fonctionnaires, d’agents de communications ou autre « pousseux de crayons », spécialistes de la théorie et grands artistes dans l’art de se déresponsabiliser. Vous pourriez être surpris à quel point les rapports qu’on vous donne et la réalité de terrain ne sont parfois pas tout à fait la même image.