Maudite voie de contournement!

Est-ce que ce serait possible d’arriver à une acceptabilité sociale sans se dresser les uns contre les autres?

Ce dossier est devenu hautement politique et ce ne devrait pas être le cas. Ottawa ou Québec n’ont pas à nous taper sur la tête pour nous faire passer en travers de la gorge ce qu’eux jugent comme la solution. Pire encore, de voir Lac-Mégantic faire volte-face et demander à ce que les travaux soient entrepris au plus vite, il n’y a rien là pour que les municipalités limitrophes aient envie de nous encourager.

L’acceptabilité sociale est faite de consensus. Les consensus prennent forme à partir de discussions sur différentes hypothèses et celle qui reçoit le plus d’appuis sera la solution. On a absolument rien fait de tout cela.

Certains élus pourront toujours se demander pourquoi on se dresse contre ce tracé, mettons que j’aimerais que vous compreniez que lorsqu’on impose au lieu de travailler avec le monde, il faut s’attendre à ce qu’il y ait beaucoup de résistance. Si, au lieu de confier un mandat de cinq ans à une firme pour accoucher de cette souris, vous leur aviez donné deux ans, maximum, pour proposer des hypothèses de travail, on n’en serait pas là.

Je vais rêver un peu. Il y a deux hypothèses à discuter sur la table. On arrête de compliquer les affaires simples et on dit, primo, on sort la voie ferrée du centre-ville ou secundo, on rend le transport plus sécuritaire.

Le premier constat aurait probablement été que le problème, ce n’est pas la voie au centre-ville, mais le triage sur un faux-plat. Un train qui part à la dérive de Nantes prend de la vitesse exponentiellement en descendant et arrive ce qui est arrivé. Si on élimine la pente de 1,2% et une bonne partie des rails dans le centre-ville, aurions-nous un consensus?

La solution pourrait donc, pour limiter au maximum l’impact de cette voie de contournement sur la population des trois municipalités concernées, de monter une gare de triage dans le parc industriel où il y a de la place tant que vous en voulez. Et, en prime, vous avez un site de transbordement et une voie qui relie certaines industries pour le remplissage de wagons. Ensuite, la voie prendrait la direction de Québec-Central et emprunterait la voie qui mène présentement au pont Agnès. On coupe donc de moitié, si ce n’est plus, la présence de rails au centre-ville, on s’évite la construction d’un pont sur la Chaudière, on s’évite la construction d’une infrastructure sur la route 204 et on limite pas mal l’obligation de dynamiter. À partir de ces économies, est-il possible de croire qu’on pourrait, avec le même 133  millions, bâtir une cour de triage dans le parc industriel?

Le 18 juillet, à l’assemblée des Maires, vous pourriez lancer l’idée, histoire de voir si on pourrait avoir un consensus qui aurait toute l’acceptabilité sociale possible.