Lettre à M Paul Dostie…

Cher ami, vous avez oublié l’acceptabilité sociale!

C’est avec intérêt que j’ai lu votre billet dans l’Écho de Frontenac. Votre reprenez votre plaidoyer devant la BAPE pour la construction d’une voie de contournement. Et votre argumentaire tient très bien la route sauf… que vous avez oublié l’acceptabilité sociale de ce tracé tel que présenté.

Est-ce que sortir les rails du centre-ville va régler le problème? J’en doute fort puisqu’au premier chef, le triage en haut des côtes à Frontenac et Nantes tient de la plus pure aberration en étant l’un des éléments-clé ayant mené à la catastrophe de 2013. J’ajouterai à mon propre argumentaire que le Code civil du Québec interdit à un propriétaire de déverser ses eaux de ruissellement chez le voisin et nous, Méganticois, allons nous débarrasser d’une voie de chemin de fer chez nos voisins? Il faut tenir une certaine logique dans tout cela.

Il faut aussi savoir que de plus en plus de Méganticois voient dans cette voie de contournement un élément de division qui est malsain pour la population des trois municipalités concernées. Je lisais récemment les propos d’une personne touchée directement par la catastrophe qui écrivait d’oublier la voie de contournement, de laisser le tracé où il est et d’investir dans sa mise à niveau tout en ayant une gare de triage dans le parc industriel, idée qui pourrait améliorer et l’acceptabilité et la sécurité pour tout le monde.

Mon cher Paul, avez-vous lu récemment que le BAPE pose encore des questions pour avoir des précisions de la part de la Ville ( l’initiateur ) et le ministère des Transports, tellement leurs réponses lors des audiences ont été floues ou carrément risible par moment. Je prendrai comme exemple ce fonctionnaire qui affirmait qu’on ne remplacerait pas les milieux humides mais qu’on paierait plutôt une somme de 8 millions. Quand le président de la Commission lui a demandé qui sera le payeur, il l’ignorait. C’est vous dire à quel point ce dossier est  toxique et politique.

Oui, je vous concéderai qu’il y a, en nos murs, des gens qui souffrent d’un choc post-traumatique de moyen à élevé. Que demandent ces gens? D’avoir la paix, de ne pas être partie à des chicanes de clochers et surtout, de ne pas avoir à subir des projets farfelus qui viendraient mettre la quiétude de leur quartier en jeu.

Je me suis réhabitué au sifflet du train. Même, qu’à quatre heures du matin, je sais qu’il passe près de chez moi, mais, je ne l’entends plus. Et, je ne vous cacherai pas que quand je voyage et que je vois des convois d’un kilomètre de long de réservoirs contenant toutes sortes de produits dangereux, j’ai une certaine crainte de devoir subir cela chez nous. Mais, si on arrête de s’obstiner à créer de toutes pièces un tracé qui n’a ni queue, ni tête et qu’on s’assoit pour trouver des alternatives acceptables, viables et sécuritaires, je suis sûr qu’on aura une solution qui fera consensus, puisque l’unanimité dans ce dossier est impossible.

Depuis le début, je dis que j’ai le temps de mourir deux fois avant que la voie quitte le centre-ville. Je me sens de plus en plus conforté dans cette perspective et j’espère que le rapport du BAPE enverra aux oubliettes ce tracé et qu’on pourra finalement travailler sur quelque chose de mieux.