Lettre à M Marc Garneau…

Cher Ministre des Transports, vous me décevez, c’est pas possible!

Vendredi, dans les courriels du Journal, j’ai reçu un communiqué du ministre Garneau ( j’ai de la misère à écrire Honorable ), pour le cinquième anniversaire de la tragédie. Une phrase m’a littéralement donné la nausée: « Sachez que la sécurité ferroviaire est une priorité pour moi. »

Allô la priorité! La veille, j’avais reçu un communiqué du BST dans lequel on pouvait lire que deux des cinq recommandations, suite à la tragédie, avaient été mises en place. Pour les trois autres, sais pas quand ce sera fait. Et, pour en ajouter, les trains à la dérive sont de plus en plus communs partout au pays. Notre ministre fédéral des Transports trouve ce dossier tellement prioritaire qu’il n’a pas fait grand-chose, jusqu’ici, pour que l’industrie ferroviaire soit beaucoup plus sécuritaire. Dans mon livre à moi, une priorité, on ne met pas plus de cinq ans à la mettre en place.

Et pour en ajouter, mon cher Garneau, votre refus de considérer un tracé qui serait plus acceptable socialement, nous met en furie. Il paraîtrait que les modifications qui feraient notre affaire coûteraient 5 millions de plus. Mais que c’est épouvantable! Combien coûtent les voyages familiaux de notre licorne nationale? Combien a coûté le voyage du chef de renommée qui est parti de Vancouver avec son personnel pour concocter un repas à l’ambassade canadienne en Inde? Combien coûtent les déplacements inutiles, à travers le pays, de M Trudeau ( par inutiles, j’entends ici des déplacements qui n’avaient leur raison puisqu’il pouvait régler la chose de son bureau d’Ottawa )? Sûrement plus que 5 millions. Alors, je vous suggère de voir le ministre des Finances et le ministre chargé de l’Approvisionnement et Services et leur demander de couper les vivres un peu au Premier Ministre et transférer ce 5 millions chez nous.

Vous n’avez, jusqu’ici, que prononcé des discours mielleux pour gagner du temps. Votre niveau d’empathie envers nous n’a pas l’air très élevé.

Revenez donc sur cette décision et au lieu d’écouter des « spécialistes » qui semblent baser leurs conclusions sur des relevés topographiques et des photos aériennes, venez « marcher » votre tracé proposé avec des gens d’ici. Vous allez comprendre pourquoi, dans notre esprit, ce que vous vous apprêtez à faire n’a pas d’allure!