L’amour est plus fort que la police…

Mais les compagnies de chemin de fer sont plus fortes que les gouvernements.

Suite à mon dernier commentaire dans le Journal MRG de décembre, une dame m’a abordé avec une grosse question: « Comment ça se fait que personne fait quelque chose contre ces compagnies? »

Foutue bonne question. Pour y répondre, il faut reculer jusqu’à à la naissance de la Confédération canadienne qui s’est appuyée sur un lien d’un océan à l’autre par chemin de fer. C’est alors, qu’au fil des décennies, les villes et villages se sont bâtis autour du chemin de fer. Vu leur importance, les compagnies de chemin de fer jouissaient d’une oreille très attentive de la part des gouvernements et naturellement, faisaient pratiquement tout ce qu’elles voulaient. Cependant, à la tête de ces compagnies, à venir jusqu’aux dernières trente années, il y avait des gens qui avaient une conscience et qui ne faisaient pas tout strictement que pour le profit.

Arrivent donc ces vautours de la finance qui n’ont qu’un seul crédo: faire de l’argent qui profite aux actionnaires et aux dirigeants. Sachant que le chemin de fer a un lobby extrêmement puissant à Ottawa, puisque le rail est de responsabilité fédérale, vous comprendrez vite qu’ils se sont arrangés pour pouvoir s’autoréguler, comprendre ici  faire tout ce qu’on veut, surtout s’arranger pour aller chercher un maximum de pognon. Alors, équipes de deux conducteurs, sécurité et entretien du matériel roulant ont pris le bord. Et, ces compagnies se sont mises à faire des profits astronomiques en très peu de temps.

Quand vous considérez qu’il y a eu 47 pertes de vie, un centre-ville à moitié détruit et une catastrophe environnementale, justement à cause de ce laxisme, vous êtes en droit de vous demander pourquoi les élus ont plié l’échine et que Transports Canada s’est fait invisible. La réponse est simple comme bonjour… du haut de leurs tours de cristal, ces bonzes du pétrole et du chemin de fer sont tellement hauts dans le ciel que vous ressemblez à des fourmis.

Le 6 juillet 2013 a tout simplement été, pour eux, un accident de parcours. Pour eux, des vies humaines ne valent absolument rien devant un tas de profits vite faits. Vous êtes des fourmis pour eux et vous, comment considérez-vous les fourmis? Vous avez votre réponse.

Le tracé de la voie de contournement ferroviaire est décidée depuis 2015 et on nous a fait croire, à venir jusqu’à il y a seulement quelques mois, qu’on avait encore un mot à dire. Les fourmis ne parlent pas, on les écrase.

Et voilà votre réponse, madame. Vous, moi et toute une ville, toute une province, tout un pays, nous ne sommes que des fourmis à leurs yeux.