Improvisation, mauvais choix, main d’oeuvre, sécurité ferroviaire

Dans son bilan de fin de session, le député conservateur de Mégantic-L’Érable, M Luc Berthold, a relevé plusieurs sujets d’importance.

Il a tout d’abord parlé de la légalisation de la marijuana en juillet prochain: « C’est une totale improvisation que cette légalisation. Plusieurs de nos concitoyens sont inquiets de cette décision des libéraux. Je vais vous donner un exemple. La mari sera considérée sur le même pied que la cigarette. Donc, on pourra fumer tout à son aise dans les endroits publics extérieurs? Autre problématique. Un organisateur de festivals est venu me voir récemment et il ne savait pas trop comment gérer la mari lors de ses évènements. Parce que l’alcool est réglementé, il faut un permis et il faut aussi s’assurer que de mineurs ne consommeront pas. La mari étant sur le même pied que la cigarette, quelle sorte de règle devra-t-on appliquer lors d’évènements publics? Des questions qu’Ottawa a tout simplement lancé aux provinces et arrangez-vous! »

À propos de l’internet large bande, il s’est fait très critique: « Internet est un service essentiel et on se donnait dix ans pour que toutes les municipalités soient ouvertes par la large bande. Il y a eu, dans ce dossier, toute une série d’erreurs qui font que cet objectif est encore loin. Lorsqu’on a confié à une société qui opère par satellite d’effectuer la couverture, on s’est vite aperçu que le service était loin de répondre aux attentes des clients. Le problème, c’est qu’en théorie, tout le pays est couvert par internet alors que dans les faits, oui, vous avez internet mais vous êtes à des années-lumière de la vitesse qu’on peut avoir dans les villes. Le gouvernement a lancé un nouvel appel aux municipalités pour poser leur candidature pour être branchées. Premièrement, dans l’appel original, on a pas donné suffisamment de temps pour monter un dossier et malgré une prolongation du délai, seulement deux municipalités du comté ont été choisies, St-Jacques-Le-Mineur et St-Ferninand d’Halifax. Imaginez que 20 000 personnes de Montréal seraient privées du service, on aurait une émeute sur les bras. Mais, pour les régions, on attend et ça n’avance vraiment pas assez vite. »

Un dossier que le préoccupe également est la main d’œuvre en région: « Dans la MRC du Granit, vous avez réussi à avoir un taux de rétention de 50%, ce qui est assez remarquable. Cela veut dire que votre recette fonctionne. Ailleurs dans le comté, il revient surtout aux entreprises de faire leur prospection avec des résultats parfois mitigés. Comme porte-parole en agriculture, j’ai visité récemment une entreprise agroalimentaire au Nouveau-Brunswick. L’espace et l’équipement étaient là pour grossir la production mais, on n’a personne pour opérer les machines. Personnellement, je crois qu’on devrait mettre sur pied une certification pour les employeurs qui leur permettrait d’aller chercher une main d’œuvre étrangère sur la base d’un emploi permanent et on pourrait ainsi raccourcir de beaucoup les délais à l’immigration. »

Quant à la voie de contournement ferroviaire, M Berthold en fait toujours un dossier prioritaire: « Il faudrait que le gouvernement libéral et surtout le ministre des Transports, Marc Garneau, sortent de leur torpeur et agissent. Le dossier a connu un gros ralentissement cette année à cause du congé pour maladie du maire Jean-Guy Cloutier qui était l’interlocuteur principal vis-à-vis les paliers de gouvernement. Avec la nouvelle administration, on espère bien faire bouger les choses. Et puis, simple petite remarque, le ministre Garneau ne parle jamais de voie de contournement, il va plutôt répondre en disant que la sécurité ferroviaire est un dossier prioritaire pour lui. Nuance! »

Les rumeurs courent à l’effet que le Premier Ministre Justin Trudeau s’ennuie comme les pierres lors de ses présences an Chambre. Bien, selon M Berthold, c’est vrai: « Quand vous regardez la période des questions à la télé, vous ne le voyez que lorsqu’il prend la parole. Entre cela, vous n’auriez pas de difficulté à interpréter son langage corporel pour comprendre qu’il s’ennuie à mourir! »

Finalement, le magazine McLean’s fait, annuellement, le décompte des députés fédéraux qui ont le plus souvent pris la parole. M Berthold, sur 338, se situé dans les six premiers. Il expliquait ainsi cette performance: « J’aime beaucoup mener mes dossiers en les maîtrisant parfaitement. Comme francophone, et aussi porte-parole du parti en agriculture, j’interviens plus souvent puisque nous ne sommes pas nombreux à parler français dans la députation conservatrice. »