Gros Jean comme devant?

C’est l’impression que quelques 200 Méganticois ont eu au sortir d’une visite du ministre des Transports, M Marc Garneau.

Avant l’assemblée publique, au début de laquelle il s’est montré très affable envers les citoyens, il avait rencontré les maires concernés par la voie de contournement de Nantes, Frontenac et Lac-Mégantic et aussi le Comité de vigilance. D’entrée de jeu, il a tenu à se positionner face à la sécurité ferroviaire: « J’y passe 50% de mon temps. Veiller à la sécurité ferroviaire à travers le pays est une priorité pour moi et cette année, le gouvernement fédéral y investit 143 millions de dollars. À titre d’exemple, nous avons effectué quelques cent vérifications dans la région. Notre rôle consiste à vérifier que les compagnies ferroviaires respectent les normes. C’est à eux de classifier les voies et de voir à ce

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que les normes soient appliquées. » À propos de l’étude de faisabilité de la voie de contournement, M Garneau ajoutait: « Oui, je suis bien conscient que les citoyens trouvent que c’est long mais au fédéral, nous n’avons qu’investit 50% des montants nécessaires, la Ville de Lac-Mégantic est le maître d’œuvre. Nous respectons le plan qui avait été prévu au départ. » Aux questions de citoyens, M Garneau a expliqué qu’on en est pas encore à parler d’expropriation devant les craintes d’un citoyen qui disait vouloir des précisions pour les propriétaires agriculteurs et forestiers. Une métaphore de M Paulo Dostie a fait sourire l’assistance alors qu’il s’en prenait à l’autorégulation de l’industrie ferroviaire, il en disait que c’était comme de demander à un enfant mordu par un chien d’aller le promener avec laisse et muselière puisqu’ à ce moment-là, il serait en sécurité. M Garneau a terminé en disant: « Nous allons considérer très sérieusement l’étude de faisabilité de la voie de contournement qui doit s’inscrire dans une perspective de développement durable. Je le répète, la sécurité ferroviaire est une priorité pour moi face aux citoyens de tout le pays. »

Par la suite, M John Giles, président de CMQ, est venu rencontrer l’assistance. Il a tout d’abord donné des explications à propos de la compagnie, de ses partenaires et des projets à venir. CMQ a l’intention d’investir 20 millions en 2016 en équipement mais aussi en formation. Il poursuivait: « Quand nous avons acheté MMA, une chose de laquelle nous nous sommes rendus compte est qu’il y avait des manques flagrants de formation dans le personnel. C’est l’un des aspects que nous avons corrigés en priorité et cette formation, elle est continue. Pour une entreprise, ce n’est pas une dépense, mais un investissement. » À propos de ponceaux problématiques, il a précisé que trois avaient été particulièrement visés, l’un a été réparé, un autre a été réparé temporairement et un troisième le sera au cours des prochaines semaines. M Giles a présenté divers tableaux qui démontraient, à partir des inspections qui ont été effectuées depuis 2014, que la voie ferrée était généralement en bon état. Il faut savoir que le trajet emprunté par la CMQ est classé un, ce qui autorise une vitesse maximale de 16 km/h. C’est à la compagnie de décider de rehausser à la classe deux et avoir la possibilité de rouler à 40 km/h. À partir des inspections qui ont  été effectuées à l’aide d’ultrasons et de lasers, il serait possible de rouler à 28 km/h mais M Giles précisait que la compagnie tenait à rouler comme si on était sur des rails de classe un par mesure de sécurité. Il a complété en précisant que dans les dernières années, CMQ a été reconnue par plusieurs de ses pairs pour ses efforts au niveau de la sécurité et de la formation des employés. Il terminait en parlant des partenaires de la région comme Tafisa Canada qui utilise le train pour livrer ses produits jusque dans le MidWest américain, par exemple, enlevant ainsi du trafic routier de 3 à 5 camions par wagon. Il a aussi glissé un bon mot à l’endroit de Logi-Bel qui pour lui, est une interface efficace entre le train et la clientèle.

Lorsque la parole a été donnée au public, ce qui retient particulièrement l’attention est le fait que des citoyens ont répété que même si un engagement ferme de ne pas transporter de pétrole brut avait été conclu, il circule tout de même des matières dangereuses dont du propane. À savoir si CMQ était prête à cesser le transport de ce produit, M Giles a rétorqué que c’était une question en deux volets, tout d’abord dans l’approvisionnement de l’état du Maine et aussi une question économique puisque la compagnie ne pourrait pas faire de profits et réinvestir juste avec des produits du bois.