Est-ce qu’on reconstruit Lac-Mégantic pour les générations futures?

L’édition d’avril du National Geographic, qui est consacrée aux villes du monde, m’a fait sérieusement réfléchir aux conséquences des décisions qui ont été prises et qui le seront dans l’avenir.

Cette édition est tout à fait fascinante. Un journaliste a rencontré un urbaniste norvégien de haut niveau, Jan Ghel, et lui a posé la question: « Que devrait être la ville de l’avenir? » Sa réponse a été: « Ce serait de se lever le matin en sachant que notre ville est encore plus belle qu’hier, c’est important quand vous avez des enfants. Pensez-y un peu… vos enfants ont un bel environnement où grandir et vos petits-enfants en auront un meilleur que vous quand vous étiez jeunes. Je pense que c’est ainsi qu’il faut voir les choses. »

Est-ce que Lac-Mégantic est en train de se bâtir un avenir pour ses enfants et vos petits-enfants? Presque six ans, et il ne se passe pas grand-chose. Quand des villes japonaises détruites à 70% par des tsunamis sont capables de redevenir fonctionnelles en 18 mois, qu’est-ce qu’on fait, nous, presque six ans plus tard? Qu’est-ce qu’on attend?

On mise, semblerait-il, sur un projet qui va nous attirer une masse de touristes, à tel point qu’un hôtel de moins de 60 chambres est impensable. Dans cette dernière phrase, avez-vous l’impression qu’on travaille à faire de votre ville un endroit où on pense aux habitants, aux enfants et même aux petits-enfants?

Serait-il temps de demander, ou plutôt d’EXIGER, qu’on nous montre des plans à long terme, des plans dans lesquels les vœux de la population sont respectés pour lui donner l’environnement qu’elle souhaite pour l’avenir?

Tant que vous allez rester assis, il y aura des gens autour de vous qui vont continuer de vivre un stress post-traumatique parce qu’ils n’ont rien de nouveau qui puisse leur donner de l’espoir. Tant que vous allez rester assis, on prendra des décisions au-dessus de votre tête, non pas dans l’intérêt commun, mais dans l’intérêt de la vision de quelques-uns.

C’est au conseil municipal de s’ouvrir et de faire de notre ville un endroit où il fait bon vivre et où on aura cessé de voir les gens de l’extérieur s’apitoyer sur notre sort parce que nous nous serons levés et nous aurons bâti une ville pour vos enfants et vos petits-enfants.