Discours du trône de François Legault…

Du déjà entendu!

Donnons à François Legault que quand il discoure, il peut se faire convaincant. Mais, pour ceux qui, comme moi, ont la mémoire longue, ce discours du trône n’a vraiment rien de nouveau. Je retirerai juste deux éléments pour étayer mon argumentaire.

Commençons par la santé. Oh! Grosse promesse qu’il ne pourrait réaliser d’ici les prochaines élections et encore moins dans les dix prochaines années: décentraliser la santé. Celle-là, on l’a entendue ad nauseam depuis des décennies. Centralise, décentralise, centralise, décentralise. La santé et l’éducation ont souvent été le banc d’essai de toutes sortes de tentatives de centralisation ou de décentralisation. La santé, au Québec, c’est un paquebot qui se ferait coiffer au fil d’arrivée par un escargot. Allez, mon cher Legault, décentralisez jusqu’à ce qu’arrive un autre illuminé du genre Barrette pour tout remettre à l’envers ou à l’endroit, selon la perspective. On ne compte plus les fois où on a tenté de faire du ministère de la santé une machine bien huilée au service du citoyen. Non, la santé, c’est un gouffre sans fond dirigé par une bande de fonctionnaires qui fonctionnent qui passent plus de temps à se réunir qu’à agir. Décentraliser? C’est naturellement une bonne idée de remettre les rennes à des gens sur le terrain au lieu de ces fonctionnaires dans leur tour d’ivoire mais, parce qu’il y a un mais… Ces fonctionnaires vont tout faire pour que ce vœu du premier ministre ne se réalise que dans quelques décennies à travers, soyons-en certains, d’autres changements qui ne seront que du maquillage… Le ministère de la Santé n’est pas au service des citoyens.

Aussi, là on a vu la Fédération des Municipalités du Québec s’empresser de féliciter le premier ministre pour sa volonté de redonner du pouvoir aux régions, entre autres, en transférant des fonctionnaires dans ces dites régions. Encore une fois, un beau vœu pieux. Ce n’est pas la première fois, de mémoire de journaliste, que cette promesse est faite. Des fois, on l’a réalisée en partie. Un fonctionnaire qui peut prendre des décisions sur le terrain? C’est rêver en couleurs. Un fonctionnaire sur le terrain va toujours référer au bureau en haut avant d’aller rencontrer les élus municipaux pour leur faire part d’une décision. Au moins, les bonzes de Québec auront un son de cloche du terrain de vive voix au lieu de seulement lire des rapports. Alors, encore un beau vœu pieux.

En résumé, un discours du trône à saveur électoraliste qui va nous mener aux élections de 2022. Il n’y a pratiquement rien dans ce discours qui puisse se réaliser à court terme. François Legault a peut-être ouvert le piège à ours qui va se refermer sur lui.