Défi Carrière Mégantic

L’annonce a été faite en grandes pompes alors que le coordonnateur, M Jean Hamel, introduisait la nouvelle: « De février à décembre de l’an dernier, ce projet pilote a été mis sur pied pour combler les besoins criants en main-d’œuvre de la MRC. Au fil des mois, 42 personnes sont venues dans la région et 21 sont demeurées. Ce taux de rétention de 50% est certainement le plus élevé de toutes les régions du Québec. » De ce groupe, une dizaine travaillent à temps plein chez Masonite.

Pour le député de  Mégantic, M Ghislain Bolduc, c’est un important défi qui a été relevé avec brio: « Ce projet est une idée brillante qui a donné de bons résultats. Il est difficile, pour toutes les régions du Québec, de recruter et de retenir la main-d’œuvre. Je suis heureux d’annoncer plusieurs contributions gouvernementales dont 52 000$ du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, 44 000$ du ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion et finalement, une contribution financière non-remboursable à la SDE du Granit par l’intermédi

Pour le préfet de la MRC, Mme Marielle Fecteau, c’est un pas dans la bonne direction pour arriver à l’objectif de 2 025 nouveaux habitants dans la région en 2025: « Défi Carrière Mégantic, on pourrait croire que cela s’adresse plus à Lac-Mégantic mais c’est vraiment un projet régional. Notre solde migratoire est négatif et nous nous devons de réagir. Nos entreprises ont besoin de travailleurs et de relève et une plus large population permet de garder intacts les services que nous nous sommes donnés. »

À l’origine de ce projet, M Gilles Pansera est revenu en arrière: « On se rappellera qu’en 1985, notre taux de chômage frôlait les 27%. De 2 500 emplois manufacturiers en ’85, nous sommes passés à 4 000 en 2000. C’est grâce aux efforts des entrepreneurs d’ici et à la prospection industrielle que nous avons réussi. Mais, je me sens un peu coupable en ce sens qu’aujourd’hui, c’est le plein emploi et nous manquons de main-d’œuvre. L’idée me trottait dans la tête depuis un certain temps et aux intervenants, j’ai proposé ce projet pilote pour attirer une nouvelle main-d’oeuvre chez nous. Comme immigrant, je sais bien que c’est une grosse décision de quitter son pays, d’arriver à Montréal et d’ensuite prendre le chemin d’une région. Ce n’est pas toujours évident. Nous avons intégré à l’emploi, chez nous, 25 nouveaux arrivants et je remercie tous mes collègues industriels qui ont permis le succès de ce projet. »

Un bon exemple est celui de Soumalia, un ressortissant du Burkina-Fasso aujouird’hui employé à la Scierie Fernand Rancourt: « Je me suis arrêté au kiosque de la MRC du Granit au Salon de l’Emploi de Montréal et j’ai décidé de tenter l’expérience. Je suis arrivé ici le 2 janvier et j’ai trouvé les gens très accueillants. J’ai travaillé comme bénévole pour la Traversée du lac Mégantic et cela m’a permis de rencontrer beaucoup de gens. Je me sens de plus en plus Méganticois! » À noter que comme réfugié, le dossier de Soumalia est relativement compliqué. À cet effet, les gens de Défi Carrière Mégantic ont remis une lettre au député Bolduc afin qu’il puisse le supporter dans ses démarches.

Directeur général de la SDE, M François Chalifour ajoutait: « Nous renouvelons notre engagement à soutenir les entreprises dans leur recherche de main-d’œuvre. À cet effet, nous avons engagé une ressource dédiée à ce travail et tous les intervenants du milieu se donnent la main pour poursuivre le travail qui a été amorcé. Il faut savoir qu’il est 10 fois plus difficile de retenir quelqu’un que de la faire venir. Nous avons franchi une première étape avec brio, maintenant, lançons-nous à l’assaut de notre objectif 2025! »

M Jean Hamel complétait: « Nous allons, l’automne prochain, faire une enquête sur le degré d’ouverture de la population granitoise et des entrepreneurs face à l’arrivée de cette nouvelle main-d’oeuvre et nous allons reprendre l’exercice dans deux ans pour en vérifier l’évolution. Ce projet en est un de vision régionale et nous travaillons présentement à monter un réseau de ressources pour faciliter l’intégration de ces nouveaux arrivants. Et nous vous invitons à venir visiter une exposition sur la diversité culturelle qui fera le tour de l’Estrie et qui passera par chez nous entre le 23 et le 29 octobre dans le cadre de la Semaine interculturelle. »

Dans l’intervalle, une production vidéo sera bientôt prête et elle met en vedette quelques-unes des 21 personnes qui ont décidé de demeurer chez nous. Le mot de la fin revenait à M Pansera: « Une grosse proportion du potentiel d’embauche se trouve dans la diversité culturelle. Nous mettons en place les structures qui nous permettent de bien accueillir les nouveaux arrivants et les garder dans la région. »