À 3 ans et demi d’une élection…

Donald Trump agit en candidat.

Vous avez bien lu, en candidat et non en président. En début de semaine, il a fait une annonce précisant que les États-Unis demeureront en Afghanistan. Il était clair que son texte était écrit d’avance et plusieurs observateurs ont ri un bon coup en disant que pour une fois, il a discuté avec des adultes avant de prendre une décision.

Hier soir, il était en Arizona à Phoenix pour un rallye partisan, lire qu’il est allé se faire aduler par des partisans en folie pendant qu’on manifestait à coup de bombes lacrymogènes et assourdissantes à l’extérieur. Quelques heures avant qu’il ne fasse son discours, ses partisans et ceux qui rient de lui étaient partagés entre le voir lire une discours ou improviser comme il aime tant le faire avec ses partisans.

Il a improvisé et été égal à lui-même en proférant des menaces à qui mieux mieux et on sait qu’il ne fait que menacer pour voir ce qui va tomber. Il a aussi profité de l’occasion pour démoniser les médias. Oui, mesdames et messieurs, tous les médias sérieux du continent ne font que publier de fausses nouvelles à son sujet.

Il a menacé de se retirer de l’Aléna parce que, selon lui, depuis la signature de ce traité, les États-Unis se sont fait « fourrer » par le Canada et Mexico. Il devrait revoir ses chiffres. Ce qu’il a promis, c’est un pacte commercial qui serait à l’avantage des américains et seulement à leur avantage. Beau début de négociations. Les choses n’avancent pas assez vite pour lui, il menace de se retirer. Il n’a pas encore compris que ce n’est pas aussi simple. Il n’apprend jamais. Son retrait de l’Accord de Paris a provoqué un manque de confiance dans Trump et sa bande et maintenant, il va se mettre le Mexique et le Canada à dos s’il se retire. Vous savez quoi, il n’aurait probablement pas assez de ce qui lui reste de présidence pour le faire.

Autre menace tout à fait farfelue, celle de bâtir son fameux mur sinon il va paralyser le gouvernement. Un appel pour une hausse des crédits passera dans quelques semaines au Congrès et au Sénat et advenant le cas où ces crédits ne seraient pas votés, comme c’est arrivé il y a quelques années, le gouvernement sera paralysé faute d’argent pour payer ses frais. Il a ajouté que si les Démocrates votaient contre son foutu mur, il demanderait à tous les républicains, majoritaires aux deux Chambres, de ne pas voter les crédits. Il n’a pas encore compris qu’au moins une quinzaine de républicains influents comme John McCain, s’opposent publiquement à lui et les observateurs notaient que la grogne se fait de plus en plus jour dans ses rangs. S’il met cette menace à exécution, il en est bien capable, ce sera probablement son dernier acte à titre de président et n’oubliez pas que l’enquête sur l’intrusion russe dans les dernières élections se poursuit et que des liens se clarifient entre l’entourage de Trump et celui de Putin.

Jamais aura-t-on vu un président américain agir de cette façon. Il est toujours en maudit à la Maison-Blanche parce que les choses ne vont pas à son goût. Alors, il se paie un rallye partisan pour se faire aduler son énorme égo. Pas fort le « ti-pit » et il coûte un bras en sécurité…