Ils sont 19 à avoir signé au moment d’écrire ces lignes.

La  rumeur qui veut que deux restaurants de bannière restauration  rapide viennent s’installer à Lac-Mégantic inquiète plusieurs propriétaires de restaurants de Lac-Mégantic et les environs immédiats.

27 restaurateurs, au total, se partagent une clientèle qui risquerait d’être encore plus morcelée. Co-propriétaire du Restaurant Le Coq du Nord, Mme Véronique Gosselin a posé la question en assemblée publique du conseil municipal à savoir quelle était la position de la Ville. Elle poursuivait: « La réponse que j’ai reçue ne m’a pas du tout satisfaite et c’est alors que j’ai décidé d’écrire une lettre aux membres du conseil et à la directrice générale faisant part de nos inquiétudes face à ces nouveaux venus. »

Dans ladite lettre, on peut lire que 27 restaurateurs se divisent un bassin de population de 6 000 habitants. Selon des données de l’Association des restaurateurs du Québec pour 2015, les Québécois consacrent en moyenne 1 863$ de leur budget en aliments achetés en restaurant. Selon Mme Gosselin, si on se fie à cette donnée et qu’on la divise en 29 parts, incluant les deux nouveaux restaurants, la part de chacun est minime.

De plus, a-t-elle constaté dans ses discussions avec les restaurateurs signataires, les saisons touristiques ne sont pas aussi achalandées que par le passé. Il est clair que ces nouveaux commerces vont générer des entrées d’argent intéressantes à court terme mais à moyen et long terme, certains restaurants ne pourraient poursuivre leurs activités à cause d’un déséquilibre dans l’économie locale. Les signataires ajoutent également que certaines chaînes de restauration rapide limitent les achats sur une base locale à l’inverse des restaurateurs en place qui s’approvisionnent auprès de fournisseurs locaux.

En matière de personnel, le recrutement serait extrêmement difficile. Plusieurs restaurateurs ont constamment à combler de postes de cuisiniers, de plongeurs, de serveuses, etc. La marge de manoeuvre demeurerait faible vu le nombre élevé de restaurants, la pénurie de personnel est constante et contraint les actuels propriétaires à augmenter leur charge de travail, à réduire leurs heures d’achalandage ou de carrément fermer les portes certains jours. Mme Gosselin précisait que selon la rumeur, une quarantaine d’emplois seraient créés par ces deux restaurants. La question se pose, selon elle, où va-t-on trouver ce personnel dans un milieu où il n’y a pratiquement pas de main d’œuvre disponible?

La lettre générale, de même que des lettres personnelles de propriétaires de restaurants seront envoyées aux élus leur demandant de revoir leur réflexion sur leur actuelle position face à la gestion de l’ensemble du développement économique.

Mme Gosselin terminait: « Nous demeurons dans l’attente d’un suivi du conseil municipal. »